PARTICIPATION DE CPCM A LA MARCHE DU REPENTIR A OUIDAH CE DIMANCHE 16 JANVIER 2011
Article mis en ligne le 19 janvier 2011
dernière modification le 26 janvier 2011

par L’administrateur
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Comme il est désormais de tradition, le 3e dimanche du mois de janvier, une délégation de CPCM s’est rendue à Ouidah le dimanche 16 janvier 2011 pour participer à la marche annuelle du repentir et du devoir de mémoire, organisée par l’Institut de Développement et d’Echanges Endogènes de notre ami le Professeur Honorat AGUESSY. Avant d’aller à cette marche, CPCM était la veille, le samedi 15 janvier 2011, à la "fête des peuples" organisée tous les ans au mois de janvier par l’Institut International de Recherche et de Formation (INIREF). Nous vous proposons des images de ces deux manifestations ainsi que le message de CPCM à la marche du repentir à Ouidah.

MESSAGE DE CPCM A LA MARCHE DU REPENTIR ET DU DEVOIR DE MEMOIRE A OUIDAH LE DIMANCHE 16 JANVIER 2011

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Le Professeur Honorat AGUESSY au premier rang des marcheurs (en boubou jaune)

A tous, mes vœux de bonne et heureuse année 2011.

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La tribune d’honneur, à la place ZOMACHI, point d’aboutissement de la marche du repentir à Ouidah

« Chrétiens pour changer le monde » est ici avec une délégation de six personnes.

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Délégation de CPCM à la marche du repentir

Le message dont nous sommes porteurs est inscrit sur notre banderole placée bien en vue grâce à la bienveillance de Mme Aguessy.

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La banderole de CPCM, la seule déployée à la place ZOMACHI

Il s’agit d’un double message. D’abord le texte : Le mouvement « Chrétiens pour changer le monde » demande pardon, au nom de tous les chrétiens du monde, pour les chrétiens, les Albert et autres Félix, qui ont participé à l’ignoble trafic de la traite des noirs et en ont tiré de riches profits. Ensuite notre logo, le retour du fils prodigue, imité d’un tableau célèbre de Rembrandt, qui symbolise pour nous, d’une part, la miséricorde à laquelle Jésus nous appelle et, d’autre part, notre propre retour au respect de la tradition et de la riche culture de nos ancêtres africains, c’est-à-dire des religions, de la médecine, de la justice, de l’administration, des langues pratiquées par nos ancêtres. Un monde de miséricorde, c’est un monde de paix, de pardon, de partage et d’amour. Aujourd’hui, c’est un idéal que nous avons pour mission de travailler tous les jours à traduire en réalité, pour que le règne du Dieu de Jésus vienne enfin sur la terre. Il faut l’avouer, ce n’est rien de facile, pour personne, en ce monde où règne Satan, entendez des prédateurs sans foi ni loi, sans pitié ni sentiment pour leurs semblables, qui ne connaissent que la loi de leurs intérêts et de leurs profits.

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La place des enchères devant la maison de Félix Chacha de Souza, sur la route des esclaves à Ouidah

Ce sont des prédateurs, et non des chrétiens, disciples du Christ Jésus, qui ont perpétré la traite des noirs et l’esclavagisme. Ce sont eux qui sèment encore la zizanie et la guerre partout dans notre monde : pour leurs profits, leurs intérêts qui ne connaissent pas de limite.

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Le palais rénové de Félix Chacha de Souza, grand collaborateur du roi esclavagiste Guézo d’Abomey, au 19e siècle

La fortune de Ben Ali, nous disent les media depuis deux jours, se monte à quelque cinq milliards de dollars, volés sans pitié au peuple tunisien. L’Irak, c’était pour le pétrole et non pour apporter de l’extérieur la liberté aux Irakiens. La Côte d’Ivoire, installée dans une crise artificielle, c’est encore, paraît-il, pour le pétrole du Golfe de Guinée… Dans la parabole de l’intendant malhonnête, Jésus demande aux enfants de la lumière de ne pas se contenter de se laisser manger par ces prédateurs, par les enfants des ténèbres, mais d’apprendre à leur résister et à les vaincre comme vient de le faire le peuple tunisien.

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Le départ de la marche du repentir, avec en tête la banderole de l’Institut de Développement et d’Echanges Endogènes (IDEE) du Prof. Honorat AGUESSY

« Chrétiens pour changer le monde » existe depuis presque aussi longtemps que l’institution de la marche du repentir et du devoir de mémoire. Le 1er mars prochain, il aura quatorze ans. Sa devise est celle-ci : « Pour une spiritualité ouverte et libre en Afrique ».

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La banderole de CPCM, courageusement portée, pendant la marche, par Mireille et Lambert

Nous prenons, en effet, la liberté de revisiter à nouveaux frais le christianisme que nos colonisateurs nous ont transmis depuis le 19e siècle. Pour nous, le christianisme n’est pas d’abord une religion, mais une philosophie comme l’a d’ailleurs si bien compris, au 2e siècle de notre ère, Justin de Naplouse dit Justin le Martyr. Le chrétien est un suiveur, je n’ai pas dit suiviste, un disciple de l’homme Jésus qui a choisi de faire siens son mode de pensée et son mode de vie. Comme autrefois on distinguait par son comportement un stoïcien d’un épicurien, d’un platonicien ou encore d’un néoplatonicien, on doit pouvoir distinguer, en regardant son comportement, sa manière de vivre et d’agir, un chrétien d’un non-chrétien. Si le christianisme se réduisait à une religion, il ne serait rien de plus ni de mieux que nos religions endogènes ou que n’importe quelle autre religion de cette terre des hommes-fabricants de religions. Le christianisme ne saurait par ailleurs se prétendre la vraie religion. Il n’y a pas de vraies religions, il y a des religions ; de même il n’y a pas de vraies langues mais seulement des langues. C’est à tort qu’on a violenté nos langues et nos religions, c’est à tort qu’on a jeté l’opprobre sur nos valeurs culturelles qu’enfin on se met de plus en plus à reconnaître et à admirer. Il est vrai, comme disait l’empereur-philosophe, Marc-Aurèle, qui, au 2e siècle de notre ère, a un peu persécuté les premiers chrétiens parmi lesquels Justin de Naplouse : La nature n’aime rien tant que de changer ce qui est, pour le remplacer par ce qui lui ressemble.

Je vais terminer en évoquant devant vous une situation qui s’est produite hier, samedi 15 janvier 2011, à la place de l’Etoile rouge, à Cotonou. Pour célébrer la fête des peuples, une procession devait, à l’initiative de l’Institut International de Recherche et de Formation (INIREF), prendre départ à 9 heures de l’Etoile rouge pour se rendre au Centre de Promotion de l’Artisanat (CPA).

Mais, pendant que, pour cette marche solennelle, des dignitaires de nos cultes ancestrales, des guérisseurs, des devins, des chasseurs et divers groupes de danses bien de chez nous convergeaient vers l’Etoile rouge, venant de différents points de notre pays, voici que des chrétiens évangéliques se sont mis à se rassembler au même endroit. D’un coup la tension est montée d’un cran : certains, les invités de l’INIREF, qui avaient en main leur autorisation de marche datant du tout début de cette année, ont pensé à une manœuvre provocatrice, orchestrée par des responsables d’églises évangéliques et par d’autres commanditaires, politiques, tapis dans l’ombre.

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Des danseurs de "Sato" venus de la région Agonlin
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L’ADJOGAN dansée par des reines venues du palais royal de Porto-Novo

Les groupes endogènes tenaient bon et ne se laissaient pas décontenancer par les fidèles de religions importées qui criaient « Feu ! Feu ! », osant ainsi invoquer, sur les manifestations de leur propre culture, la foudre du Dieu de Jésus-Christ, Yahwé des armées ! C’est alors qu’une délégation de « Chrétiens pour changer le monde », venue participer à la fête des peuples de chez nous, a déployé sa banderole sur laquelle était écrit : Le mouvement « Chrétiens pour changer le monde » reconnaît et respecte toutes les religions du monde, notamment les religions et les traditions endogènes du Bénin.

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La banderole de CPCM déployée à la "fête des peuples" le samedi 15 janvier 2011

Et l’on a pu voir, se faisant face, d’un côté, des chrétiens aliénés, et de l’autre des chrétiens libres, enracinés dans leur culture et dans leur terroir, comme Jésus lui-même !

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Un moment de tension perceptible : M. Moïse Sèdjro en pourparlers avec une évangélique (ils portaient tous un tricot blanc)

Peu de temps après, les évangéliques ont dû lâcher prise et se disperser. Alors seulement la procession des gardiens des traditions endogènes s’est s’ébranlée vers le Centre de Promotion de l’Artisanat (CPA).

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La procession des gardiens des traditions endogènes
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Aspects de la procession
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La banderole des chasseurs traditionnels, gardiens de la sécurité publique dans les villages
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Deux masques "Gounounko" ouvrant la procession et impressionnant le commissariat central de la ville de Cotonou
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Au CPA, prestation des géants "Gounounko" en salle

Et CPCM a pris dignement sa place dans cette procession.
La banderole de CPCM fièrement portée par Joël et Abiola
Une première hautement appréciée par les organisateurs de la "fête des peuples".

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Des organisateurs de la "fête des peuples", montrant leur joie devant la banderole de CPCM

Je vous remercie de votre longanimité.

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PARTICIPATION DE CPCM A LA MARCHE DU REPENTIR A OUIDAH CE DIMANCHE 16 JANVIER 2011
Gwennaël - le 19 janvier 2011

Beau témoignage du message que veut transmettre CPCM, Ce regain d’intérêt, transmis par des hommes de paix, pour les coutumes ancestrales, la culture première me paraît prometteur.
Toujours bien avec vous.
Gwennaël



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