COMPTE RENDU DU CAFE RENCONTRE DU SAMEDI 26 DECEMBRE 2009 Par Albert GANDONOU [ISSN : 1659-5114]
Article mis en ligne le 24 janvier 2010
dernière modification le 7 juillet 2011

par L’administrateur
Imprimer logo imprimer

Dans le cadre du thème général de cette année académique 2009-2010 : « Dialogue interreligieux : Préserver la paix sociale envers et contre tout », le café rencontre du 26 décembre 2009 s’est réuni autour de l’ordre du jour ci-après :

1) Les civilisations et les religions autochtones d’Afrique ;

2) Compte rendu de la mission d’Albert Gandonou à Cartigny, en Suisse, du 14 au 16 décembre 2009 ;

3) Divers.

I. TROIS INTERVENTIONS ONT ALIMENTE LE PREMIER POINT : CIVILISATIONS ET RELIGIONS AUTOCHTONES D’AFRIQUE.

1) Armand Elisha, médecin nutritionniste et prêtre du culte Vodun, a été le premier intervenant.

JPEG - 22.5 ko
Armand Elisha, médecin moderne et prêtre de la religion traditionnelle africaine

« Tout est parti de l’Afrique en matière de civilisation », a-t-il affirmé d’emblée. Et de remonter à l’ancienne Egypte et à la civilisation pharaonique dont on dit qu’elle était essentiellement nègre. L’ouvrage L’antériorité de la civilisation nègre de Cheickh Anta Diop a été évoqué de même que le « Code Da Vinci » de Frédéric Lenoir. Cette enquête portée à l’écran montre une image de la mère portant son enfant qui n’est pas, comme on pourrait le croire, celle de Marie portant Jésus mais plutôt celle, bien plus ancienne et originelle, de la Déesse Isis portant son divin fils Horus !!! Ainsi l’Occident a beaucoup emprunté à l’Afrique ! Tout le monde sait que les philosophes grecs sont souvent allés s’initier dans les temples égyptiens. Le christianisme lui-même à ses débuts doit beaucoup aux grands lettrés d’Alexandrie, ville fondée par Alexandre le grand, dont le plus emblématique est sans conteste Clément d’Alexandrie (v.150-entre 211 et 216).

JPEG - 25.3 ko
Vue partielle de la salle

Mais Tertullien et saint Augustin aussi étaient africains. Autrefois mais encore aujourd’hui dans les couvents, la source de la connaissance est ésotérique. La multiplicité et l’autonomie des couvents et des temples n’empêchent pas l’existence d’une structure centrale de direction. Avec le « logos » grec, on est passé de l’ésotérisme à l’exotérisme. En fait, il faut pratiquer les deux à la fois, comme le fait l’Occident aujourd’hui. Notre sortie d’Egypte à nous, c’est la rencontre du christianisme puis de l’islam. L’islam est très tolérant, d’une façon générale, en Afrique grâce à la nature de la pensée négro-africaine qui sait emprunter aux autres tout en imposant son propre rythme. On sait qu’en 1994, au Rwanda, les musulmans, qui étaient certes minoritaires, n’ont pas trempé dans le génocide. Ce qui se passe au Nigeria ou en Somalie est une exception qui confirme la règle.

JPEG - 25.5 ko
Armand Elisha, au fond, en blanc

A force de s’adapter, le Vodun et les autres religions traditionnelles africaines survivent. En Haïti, le dieu Hêviosso est devenu saint Michel, Sakpata Gabriel, etc. : un maquillage qui permet de résister au catholicisme, religion d’Etat. En Afrique même, l’inculturation est devenue un passage obligé pour les religions chrétiennes. Les protestants ont été les premiers à inculturer. Mais ces religions chrétiennes ont favorisé la barbarie de l’esclavagisme et de la colonialisme. Cela reste dans nos mémoires individuelles et collectives, et empêche de prendre au sérieux tous les beaux discours chrétiens sur l’amour du prochain, l’égalité des êtres humains, et la fraternité qui doit marquer leurs relations d’enfants d’un même Père. Le Code noir qui, paraît-il, était un progrès pour l’époque, illustre bien le mépris que les occidentaux nourrissaient pour l’homme noir : « Art. 44 : Déclarons les esclaves être meubles ». Il y a eu, en 1550, la controverse de Valladolid pour savoir si les Indiens avaient une âme. Pour nous les noirs, il n’y a pas eu de débat : il était évident pour les occidentaux très chrétiens qu’avec notre couleur de peau nous ne pouvons être des êtres humains et qu’il allait de soi qu’on nous réduisît en esclavage et qu’on nous traitât de la manière la plus atroce et la plus inhumaine qui soit ! Il va sans dire que la civilisation africaine, quoi qu’on en ait dit, a bien plus le sens de l’homme que la prétentieuse civilisation occidentale, toujours prompte à donner des leçons aux autres. La colonisation, au moyen de l’enseignement et de l’éducation religieuse a déculturé l’intelligentsia africaine et l’a complètement extravertie, détournée des valeurs fondamentales africaines.

JPEG - 25.4 ko
Vue partielle des participants

Cette intelligentsia aliénée, avec sa pensée non endogène et son déficit de patriotisme, constitue la base même du néocolonialisme qui caractérise la situation actuelle de l’Afrique. Ce qu’il faut souhaiter, selon Armand Elisha, c’est un retour à la compréhension et l’amour de la religion traditionnelle africaine, très tolérante, pacifique et ouverte sur les autres. La basilique de Ouidah, construite par les adeptes du culte Vodun sur un terrain qui leur appartient, en est une belle illustration.

2) La deuxième intervention est celle de Maurice Anagonou, chercheur.

Son exposé a une première partie théorique dans laquelle il a visé à nous montrer que notre foi est dynamique et en permanente construction au fur et à mesure de nos rencontres avec des personnes ayant des pratiques religieuses plus ou moins différentes de la nôtre. « Les évolutions spirituelles sont le produit d’interactions, à la fois sur le plan cognitif et sur le plan social ».

JPEG - 12.6 ko
Un schéma (sur la Zone proximale de développement) à l’appui de l’exposé de Maurice ANAGONOU

Certains apports extérieurs ne nous apportent que la confirmation de ce que nous savions déjà. D’autres, irrecevables pour nous, suscitent des réactions de rejet et des attitudes défensives qui varient selon notre degré de maturité spirituelle et/ou sociale. D’autres enfin vont provoquer une accommodation, c’est-à-dire un processus interne de réajustement de mon système de penser visant à intégrer les nouvelles connaissances. Ceci a des conséquences pour le dialogue interreligieux. Le dialogue religieux requiert une bonne lecture de mes réactions à ce qui vient de l’autre pour entrer dans une intelligence de ce que je vis. Ce que mes réactions permettent d’évaluer, ce n’est pas l’autre, c’est moi : mon système explicatif, mon système d’évaluation. Mais ce que nous essayons de faire le plus souvent, c’est d’évaluer l’autre. Cette attitude est une menace pour la paix sociale au niveau de ma personne.

JPEG - 25.8 ko
L’auditoire captivée

L’écoute est l’un des moyens que j’ai de faire entrer l’autre en moi. Si je lui permets d’y prendre sa place, je participe à la construction et à la préservation de la paix sociale. C’est un moyen par lequel l’unité se construit en nous. Ainsi, notre cœur s’élargit et rassemble en lui tous ceux et celles que le Père a créés en lien avec nous, lien plus ou moins important, bien sûr. « Or qu’est-ce qu’on m’a appris à moi, Maurice ? Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu qui est Père. Avec cela, je ne suis pas éduqué au dialogue interreligieux et dans les faits, moi Maurice, je reste peu ouvert pour apprendre de certaines personnes. Je peux affirmer qu’en moi il y a de l’intolérance non pas seulement en germe mais une intolérance active. Prenant conscience de cela, j’ai donc l’obligation de me rééduquer. »

JPEG - 29.7 ko

Les apports extérieurs les plus élaborés, en matière de religion, sont administrés dans les lieux de formation des prêtres, des pasteurs, des imams, des « hunnon » ou « hungan »,… Le savoir religieux est un objet, une marchandise, qui circule, se partage, se vend. D’où les expressions : « diffuser le savoir religieux : évangélisation, islamisation… », « Donner accès au savoir : politiques de vulgarisation, catéchèse », « Partager le savoir », etc. En circulant, le savoir religieux subit une dégradation ; le message à son point d’arrivée est sous une forme altérée. En Afrique, les savoirs, savoir-faire, savoir-être religieux établis dans les livres saints sont relativement récents, venus d’ailleurs pour les infidèles, transmis à des individus. Les savoirs, savoir-faire, savoir-être religieux ancestraux viennent du fond des âges, sont transmis à une collectivité ; d’où les expressions : « préserver les savoirs des ancêtres », « valoriser les savoirs religieux traditionnels ». Les « traditions », les coutumes, le milieu social statique, les relations sociales locales sont un frein pour la diffusion des savoirs, savoir-faire, savoir-être religieux nouveaux dont les canaux de transmission sont les individus dynamiques, érigés en « leaders ».

JPEG - 27.7 ko
L’ambiance est studieuse

La deuxième partie de l’exposé a porté sur la vision du monde qu’ont les Fons du monde des esprits. C’est une culture qui affirme en toute humilité ne pas être en mesure de montrer à ses enfants le chemin qui mène à Dieu (Sègbo). Pour le fon, la personne en tant que Gbèto (père de la vie/nature) a un contrat de fécondité (Sè) avec le Gbènon (Mère de la vie/nature). Le lieu de la culture de cette fécondité, est à l’intérieur des forces contradictoires au sein de la famille. Or la tendance c’est de tourner le dos à cette injonction et de vouloir émerger seul. C’est vrai que c’est plus facile d’évoluer en dehors des pesanteurs sociologiques. Mais la dynamique que nous générons n’a pas de prise sur la communauté. C’est ce qui fait que les leaders (prêtres, pasteurs, imams…) échouent. L’effet boule de neige escompté par les mécanismes de relais communautaires n’a pas lieu. La société est structurée pour organiser divers cultes à Dieu ou ses intermédiaires. Il s’agit d’une foi où la peur, la crainte ont une grande place. Dieu est extérieur à la personne et intervient dans sa vie pour le récompenser ou le sanctionner. Ce Dieu qui est « appris », est souvent présenté comme exigeant et culpabilisant. Cette foi est proche de celle décrite dans l’ancien testament.

JPEG - 26.5 ko

La dernière partie de l’exposé est une réflexion sur Mawu. « Les différentes représentations de Mawu nous aideront à cerner la relation de l’homme à Dieu dans la culture fon. Nous allons nous arrêter à trois représentations de Dieu : il fait partie du couple créateur, il est nommé « mawu », il est aussi nommé Gbèdoto.

i. Couple créateur

Mawu appartient au couple créateur Mawu-Lissa appelé encore Sègbo – Lissa. Dans ce couple, Mawu est l’élément féminin il est à la fois premier et prioritaire. « SEGBO » : "le Grand Sè", le "Grand Destin ou Programme" est celui qui donne à chaque personne son originalité appelé « Sè ». Ce Sè procède du Sègbo. Dieu est donc un être de relation : Mawu-Lisa est le Couple Créateur de l’univers.

ii. Corps partagé

L’expression Mawu est utilisée dans les discours ordinaires pour dire « Celui que nul ne dépasse ». Mais dans la réalité on de dit pas « Man hou » mais plutôt « Mawu » qui veut dire « corps partagé ». Dieu ne serait pas seulement "Celui que nul ne dépasse", Il est aussi "Celui qui a partagé son corps aux humains" pour être présent en chacun à travers le « Sè ». Est-ce à cause de cela qu’il n’existe pas de temple pour ce vodoun ?

iii. Gbèdoto ou Mahu Gbènon

Les contraires s’attirent et se fécondent : gbèto a besoin de gbènon pour avoir des gbèvi. Le vodoun a besoin du vodounsi. Gbèdoto ou Mahu Gbènon est le créateur de la nature, du monde. Une de ses différences avec les autres vodoun, c’est qu’il a la dignité, la hauteur de s’éloigner des hommes, de se passer de leurs cultes. Ce faisant il s’est réellement mis au dessus des autres vodoun. »

3) Un troisième intervenant était prévu pour nourrir les réflexions sur les civilisations et les religions autochtones d’Afrique. C’est un éleveur du nom de Jean de Dieu Mitchozounou et résidant dans le village de Daagbé, dans la commune d’Ifangni. Il n’a pas pu être présent pour des problèmes de santé mais il a accepté d’enregistrer son témoignage sur le dictaphone d’Albert Gandonou qui habite Kétoukpè, un village voisin du sien.

JPEG - 30.7 ko
Jean de Dieu MITCHOZOUNNOU, éleveur à Daagbé, commune d’IFANGNI

Le témoignage enregistré en goun a été traduit au fur et à mesure en français par Albert pour l’auditoire. Il s’agit d’une expérience que Jean de Dieu a personnellement vécue au sein de sa grande famille. Il a un grand frère, disons un cousin plus exactement, qui a travaillé dans le développement rural et qui venait d’être admis à la retraite. Il tombe malade. C’est une plaie qui infecte et fait enfler son pied. Hospitalisé, il est libéré après quelque temps parce que les différents traitements se montraient sans effet. On essaie derechef divers médicaments de la médecine traditionnelle africaine : en vain. C’est alors que la grande famille se réunit. On ne va quand même pas le laisser mourir ainsi tout bêtement, sans chercher d’autres voies de guérison. On décide d’envoyer deux délégations chez deux bokonons (devins, prêtres du Fa) pour s’enquérir des vraies causes de ce mal qui résiste à tous les remèdes traditionnels comme modernes. Les deux délégations reviennent avec la même réponse : les morts se tiennent au seuil de sa demeure et neutralisent tout ce qu’on apporte pour le soigner. Ils sont mécontents. Allez demander aux malades s’ils n’ont pas de raison d’être mécontents et il vous dira lui-même ce qu’il en est. Interrogé, le malade ne trouve pas d’abord ce qui pouvait mécontenter à ce point les défunts de la famille. Puis, en réfléchissant encore un peu, il trouve : « Mon père s’était accaparé pour lui seul un grand champ qu’il avait en héritage avec tous ses frères. A sa mort, j’ai gardé le champ en sachant bien que je n’en avais pas le droit comme mon père avant moi. S’il s’agissait de ce champ, j’accepte qu’on le partage équitablement entre tous les ayants droit. » Cela fut fait. On retourne voir un des bokonons qui recommande de tuer deux moutons que toute la famille réunie doit préparer et manger ensemble pour sceller la communion retrouvée. « Après quoi, ajoute-t-il, revenez me voir chercher de quoi soigner le pied malade. » Cette fois, le tort réparé, le remède s’est montré efficace. La puanteur s’est évanouie progressivement et le pied hyper enflé a retrouvé peu à peu sa forme normale. Les premiers jours, Jean de Dieu était le seul à avoir la force morale nécessaire pour approcher du malade et affronter l’infection et ses odeurs. Il lui fallait à chaque fois s’aider de quelques gorgées de sodabi, l’alcool local. Les rationalistes nombreux parmi nous n’ont pas eu le verbe haut après l’audition d’un tel témoignage. La foi des gens de chez nous dans la présence agissante des morts était saisissante. Et surtout cette idée qu’une maladie bien physique et palpable pouvait avoir des causes autres que matérielles, chimiques, et résister à tous les remèdes matériels, chimiques, jusqu’à ce que ses vraies causes soient trouvées, qui sont d’ordre sociale. La guérison n’est survenue que quand l’injustice commise par le père a été réparée par le fils. Faute de quoi, avait dit le bokonon, il mourrait !

II. COMPTE RENDU DE LA MISSION D’ALBERT GANDONOU EN SUISSE DU 14 AU 16 DECEMBRE 2009

L’objectif de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme (FPH), organisatrice de la consultation qui s’est tenue du 14 au 16 décembre 2009 à Cartigny, près de Genève, en Suisse, c’est de fédérer le dialogue interreligieux sur le plan mondial et de contribuer à le réorganiser sur de nouvelles bases.

JPEG - 27.2 ko
Vue partielle des participants à la rencontre : ils viennent de différentes régions du monde

On doit en finir avec les rencontres où chaque religion vient exprimer devant l’autre ses différences, les désaccords théologico-dogmatiques qui l’opposent à l’autre ou le distinguent d’elle. La FPH a vu se faire, parfois avec son soutien, de telles rencontres pendant une bonne dizaine d’années. Elle ne veut plus de cette façon de dialoguer entre religions. Voulant œuvrer résolument à « l’émergence d’une communauté mondiale », la FPH cherche à mettre les religions, au-delà de leurs divergences, au service des grands enjeux de notre monde d’aujourd’hui devenu un village planétaire. Ces grands enjeux sont d’ordre social et écologique, et requièrent des initiatives de tous genres : religieuses, spirituelles et laïques (au sens de non religieux, séculiers). Il s’agit de :

JPEG - 22.1 ko
De g. à dr., Jean FISHER, coordinateur de la rencontre, et Pierre CALAME, président de la FPH

1) Le changement climatique ;

2) Les questions telles la justice sociale à promouvoir, la pauvreté, la corruption, les inégalités sociales à combattre : comment relancer les théologies de la libération, dans la non-violence et un profond ancrage spirituel ?

3) Les conflits liés aux fondamentalismes religieux. Aucune religion n’est exempte de fautes. Trouver des points communs. Toutes les religions doivent se joindre aux non-religieux pour relever les défis sur le plan social et écologique. Il y a une spiritualité athée à respecter.

JPEG - 22 ko
Les documents de CPCM parmi d’autres venant d’autres structures impliquées dans le dialogue interreligieux

4) Le défi du paradigme néolibéral global, qui a conduit à la pauvreté de masse, à l’exclusion sociale et à la crise alimentaire. Comme l’a si bien dit M. Siddharta, le délégué de l’Inde venu de Bangalore : « The ethical values and spiritual insights that should help us find another way have unfortunately been co-opted by the system, and religions and spiritualities are either actively cooperating to maintain the system or are mute spectators. Only few voices have the courage to speak out. The time has now come to enhance and expand these few voices. » Traduction approximative : « Les valeurs éthiques et les éclairages spirituels qui auraient pu nous aider à trouver une autre voie ont été malheureusement cooptés par le système, et des religions et des spiritualités collaborent activement au maintien du système ou sont des spectatrices muettes. Seules quelques voix ont le courage de se faire entendre. Le temps est venu de renforcer et de développer ces quelques voix. »

JPEG - 29.9 ko
Albert se défendant comme il peut contre les rigueurs de l’hiver

La Fondation veut donc agir :

-  pour que les leaders religieux se décident enfin à s’impliquer dans le changement du monde ;

-  pour que les religions se mobilisent davantage autour des grands enjeux et des moyens à mettre en œuvre pour les relever, au lieu de passer leur temps sur les problèmes théologiques et dogmatiques.

JPEG - 26.8 ko
Christopher, directeur de Globethics, Pierre Calame, et SIDDHARTA venu de Bangalore en Inde

Douze personnes étaient présents à cette consultation, venues de différentes région du monde : d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Europe. Ils sont tous à des titres divers – certains sont religieux – engagés dans le dialogue interreligieux. Parmi ces douze personnes, deux représentaient la FPH et étaient en charge de conduire la rencontre. M. Pierre Calame, le Président de la Fondation, est venu le 15 décembre au soir leur prêter main-forte pendant 24h : c’est dire l’importance que revêt cette consultation aux yeux de la Fondation.

JPEG - 19.8 ko
Pierre CALAME, président de la FPH

Le dernier jour chacun devait présenter les projets sur lesquels il comptait travailler en 2010 et 2011. Pour le compte de CPCM, j’ai énuméré les actions suivantes qui seront ou pourraient être menées :

JPEG - 19.4 ko
Albert entre le pasteur Jean-Claude Basset (à g.) et Gustavo, membre du bureau exécutif de la FPH

a) un colloque international les 26 et 27 juin 2010, à Cotonou, pour clôturer les cafés rencontres de la présente année académique qui ont pour thème général : « Dialogue interreligieux : préserver la paix sociale envers et contre tout ».

b) une rencontre, en 2010 ou en 2011, à Aného, au Togo, entre chrétiens et adeptes des religions traditionnelles africaines, notamment le Vodun. L’idée serait d’une part d’aller dire notre respect à ces derniers et notre regret pour les torts que nous leur avons faits par dénigrements et diabolisations, et d’autre part de voir avec eux ce que nous pouvons faire ensemble pour le Bénin et le Togo, pour l’Afrique et le monde.

JPEG - 27.4 ko
Albert Gandonou, président de CPCM

c) Etudier la faisabilité de l’organisation d’un dialogue interreligieux en Côte d’Ivoire et au Nigeria. Les conflits liés aux fondamentalismes religieux sont assez préoccupants à différents degrés dans ces deux pays assez voisins du Bénin et du Togo. Ces conflits sont larvés en Côte d’Ivoire et ouverts (sanglants) au Nigeria.

d) Créer une synergie avec les partenaires de CPCM que sont Fondacio, l’Institut des Artisans de Justice et Paix, etc.

e) Poursuivre la mission que CPCM s’est fixée dans l’intra-religieux : Jésus est venu avant tout proposer une sagesse et on peut être son disciple quelle que soit sa religion, sa culture, sa nationalité. En tant que tel, il appartient à l’humanité entière.

JPEG - 19.9 ko
Albert pendant son exposé que traduisait au fur et à mesure, en anglais, le pasteur Jean-Claude Basset

f) Poursuivre la mission que CPCM s’est fixée dans l’interreligieux : l’important est d’œuvrer, comme la FPH, à la transformation du monde, à l’émergence d’une communauté mondiale toujours plus juste, toujours plus humaine, toujours plus responsable.

III. DIVERS

On s’est rappelé la marche annuelle du repentir sur la route des esclaves à Ouidah à laquelle CPCM a pris, à l’occasion de son 10e anniversaire en 207, l’engagement de participer dorénavant, aux côtés de l’Institut de Développement et d’Echanges endogènes (IDEE) du Professeur Honorat Aguessy. Une délégation de CPCM s’y rendra le 3e dimanche du mois de janvier 2010.

Forum
Répondre à cet article


Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.79.15