Manifestations du 10e anniversaire de CPCM : 3e manifestation
Article mis en ligne le 5 novembre 2009
dernière modification le 14 février 2013

par L’administrateur
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Thème général des manifestations du 10e anniversaire : Proposer la bonne nouvelle de la scandaleuse miséricorde du Dieu de Jésus, dans le respect des peuples et de leurs religions.

Troisième manifestation : Escale à Ouidah

III- Les 18 et 19 février 2007, escale à Ouidah (BENIN) :

1) Rencontre de son Eminence Daagbo Hounon, chef suprême du culte « vodun ».

Il s’agissait en quelque sorte d’une première mise en pratique des résolutions prises à Lomé. Comme l’enfant prodigue de l’Evangile, nous retournions à nos pères, à nos traditions, à notre culture, à notre monde. Soit dit en passant, Chrétiens pour changer le monde a changé de logo à l’occasion de son 10e anniversaire : une toile de Rembrandt représentant le retour du fils prodigue.

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Le logo de CPCM, un dessin inspiré d’une toile célèbre de Rembrandt : le retour du fils prodigue

Cette démarche vers Daagbo Hounon avait une double signification. De notre part, elle signifie que nous avons fini avec l’autosatisfaction de soi-disant mis à part et avons pris conscience de notre erreur de penser que l’homme de chez nous n’est rien, n’a en lui rien de bon tant qu’il n’a pas renoncé à sa religion ancestrale au profit du christianisme.

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Photo de famille avec Daagbo Hounon, debout, au centre, tout de blanc vêtu

Ce retour vers les nôtres signifie que nous voulons nous réconcilier avec nous-mêmes, assumer toutes les dimensions de notre humanité d’Africains. L’homme est le même partout, seules ses conditions concrètes d’existence présentent des différences. Nulle part il n’est parfait : partout et en tout temps, il y a chez lui du bon et du mauvais, qu’il soit baptisé ou non. Et jamais la diversité culturelle n’empêche de voir l’unité de l’esprit humain. L’esprit humain a le même fonctionnement partout, on retrouve les mêmes constituants dans les mythes (ceux du Fa, l’art divinatoire du golfe du Bénin, sont d’une telle richesse !), les contes, les proverbes, les langues (par exemple, l’arbitraire du signe linguistique), les religions... Partout existent la corruption (voir les livres de Jean Montaldo sur la corruption en France sous Mitterrand comme sous Chirac, lire La Françafrique de François-Xavier Verschave…), l’oppression, l’exploitation du pauvre...

Avec Jésus, il s’agit non pas de conversion religieuse mais de changement de comportement, de metanoïa ; il s’agit d’élever l’homme, tout homme, en humanité, de contribuer partout à l’avènement de ce que le P. Lebret appelait la montée humaine.

Revenir vers les nôtres, c’est donc comprendre enfin que nous devons nous asseoir avec eux pour discuter, pour chercher la présence de l’Esprit de Dieu dans l’homme de chez nous et pour voir avec lui comment cette entreprise christique est réalisable ici et maintenant. Sans prendre appui sur les valeurs endogènes, nous ne féconderons ni notre foi ni les connaissances scientifiques que nous avons le privilège d’avoir reçues à l’Ecole occidentale.

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Son Eminence Daagbo Hounon, grand prêtre du culte Vodun au Bénin

Daagbo Hounon s’est montré heureux d’apprendre que nous avons fini par comprendre cela. Il a rappelé avec fierté et un plaisir non dissimulé l’ouverture d’esprit et la grande tolérance dont ont fait preuve à Ouidah les adeptes du culte « vodoun » quand sont venus les premiers missionnaires. La basilique catholique est bâtie sur une terre généreusement octroyée par ces adeptes-là et avec leur participation active aux travaux de construction. Elle fait face au temple du dieu « Dangbé » et celui-ci est engagé avec elle dans un dialogue paisible qui dure depuis plusieurs décennies. La voie qui les sépare permet aux gens de Ouidah d’aller librement d’un côté ou de l’autre.

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La Basilique de Ouidah

2) Rencontre du Professeur Honorat AGUESSY à l’Institut de Développement et d’Echanges Endogènes (IDEE). Nous avons eu un long entretien, empreint de cordialité, avec ce grand militant du panafricanisme qui, en grand seigneur, nous a offert gratuitement l’hébergement dans les immenses locaux de son institut. « C’est l’endogénéité qu’on peut partager. Personne ne détient l’universel à partager avec les autres. » Cette parole forte du Pr. Aguessy n’a laissé aucun de nous indifférent. C’est en effet toujours dans du particulier, incarnée quelque part, que se réalise la montée humaine. Jésus lui-même en est un parfait exemple, lui qui est si enraciné dans le judaïsme de ses ancêtres mais qui de là a mis au jour les valeurs universelles d’amour, de miséricorde, de fraternité, de solidarité et de respect absolu de la personne humaine.

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L’homme capturé pour être vendu : une photo datant de 1910 ! (Source : Musée de l’homme Paris)

3) Visite de la Route des Esclaves. « Plus jamais ça ! Plus jamais le trafic d’êtres humains ! » de la part des chrétiens ou des non chrétiens.

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