COMPTE RENDU DU CAFE RENCONTRE DU VENDREDI 29 MAI 2015
Article mis en ligne le 6 juin 2015
dernière modification le 10 juin 2015

par L’administrateur
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La rencontre a eu lieu. Nous étions huit à nous réunir : Lambert Adanhounmè qui a fait courageusement le déplacement depuis Bohicon (à 120 km de Cotonou), Armand Elisha, Raymond Assogba, Raymond Coua-Zotti, Albert Gandonou, Dah Toussaint Ahokponou, Dah Rock E. H. T. Ahandé, Martin René Nassi. Les trois derniers cités sont à leur première participation au café rencontre de CPCM. L’ordre du jour a été réaménagé pour accueillir convenablement ces trois nouveaux amis.

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Dah Ahokponou Toussaint

Le premier, Dah Toussaint Ahokponou, comme son titre « Dah » l’indique, est chef traditionnel à Abomey-Calavi. Il vit à cheval sur le Bénin et la Côte d’Ivoire. Il s’implique beaucoup dans les questions d’éducation, de sport, de culture et de société. Il est fondateur d’écoles, poète-écrivain.

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Dah Ahandé Rock

Le deuxième, Dah Rock E. H. T. Ahandé, est aussi chef traditionnel et promoteur du Festival International du Théâtre du Fâ au Bénin (FITHEAFAB). Le Fâ, c’est l’art divinatoire bien connu au Bénin mais aussi dans tout le Golfe de Guinée. C’est à son sujet que Bernard Maupoil a publié son ouvrage célèbre La géomancie à l’ancienne Côte des Esclaves (Paris, Institut d’Ethnologie).

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Monsieur Martin René Nassi

Le troisième, Martin René Nassi, est ethnomusicologue. C’est un ancien séminariste qui est allé jusqu’en année de diaconat. Il a conservé de solides relations avec l’Eglise catholique. Il s’est engagé à venir au prochain café rencontre avec un islamologue qui a fait ses études en Egypte.

Les cinq anciens de CPCM se sont présentés. Le mouvement CPCM aussi a été présenté. Puis la parole leur a été laissée pour se faire connaître à leur tour. De leur écoute, il a été clair pour chacun de nous que la Providence est à l’œuvre pour nous aider dans la préparation de notre colloque international prévu pour le mois de janvier 2016, sur le thème : « La rencontre des religions (christianisme, islam…) et des laïcités ». Avec ces personnalités, une réflexion a été amorcée sur les religions endogènes africaines confrontées au concept de laïcité. Selon Jean Baubérot et Micheline Milot, la liberté, l’égalité, la séparation et la neutralité sont « les quatre principes de la laïcité [1] ». Pour ces auteurs qui font autorité en la matière, la laïcité est un « mode d’organisation politique visant la protection de la liberté de conscience et l’égalité entre les citoyens [2] ». Le concept de laïcité se définit « par ses visées, en l’occurrence l’égalité et la liberté de conscience, et par les moyens qui en garantissent le déploiement, la neutralité et la séparation [3] ».

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Lambert Adanhounmè

L’écoute mutuelle nous a pris tellement de temps que nous avons jugé sage de reporter à la fois prochaine les discussions sur les préparatifs de ce colloque. Les nouveaux amis auraient ainsi le temps d’être au même diapason que les autres en prenant le temps de s’imprégner du travail déjà abattu.

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La salle (photo prise par Albert)

Le café du 29 mai 2015 s’est tenu rigoureusement au lendemain du symposium organisé du 26 au 28 mai 2015 par M. Albert Tévoédjrè et son Centre Panafricain de Prospective Sociale (CPPS) sur le thème : « l’initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel ».

Ci-joint une interview donnée à ce sujet par M. Albert Tévoédjrè au journal Jeune Afrique et une réaction du grand écrivain béninois Olympe Bhêly-Quenum.

Notes :

[1Jean Baubérot et Micheline Milot, Laïcités sans frontières, Paris, Seuil, 2011, p. 86.

[2Ibid., p. 7.

[3Idem, p. 8.

Téléchargements Fichiers à télécharger :
  • INTERVIEW donnée par Albert Tévoédjrè à Jeune Afrique à la fin du symposium
  • 53.5 ko / Word
  • Réaction de notre cher Doyen et ami, l’écrivain Olympe Bhêly-QUENUM
  • 64 ko / Word
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COMPTE RENDU DU CAFE RENCONTRE DU VENDREDI 29 MAI 2015
- le 10 juin 2015

Par email ce mercredi 10/06/2015 :

J’ai reçu le message et les téléchargements. Je vous remercie et vous félicite. Le travail est dense. Comme dit l’évangile : La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux. Priez le Maître de la moisson d’envoyer les ouvriers à sa moisson. (...)
Dah Toussaint AHOKPONOU

Posté sur le site de CPCM ce même jour :

"Bien chers frères et soeurs !

(...)

Ceci dit voici mon point de vue. Le dialogue inter-religieux existait en Afrique noire bien avant ma naissance et avant les vôtres. Ce n’est pas nouveau. Le diagnostique est connu. C’est le manque d’éducation qui a entraîné la crise, doublé de l’indifférence de nos dirigeants. La crise a touché tous les continents. L’Afrique noire s’est laissée entrainer. L’Afrique noire paye un lourd tribu de cette crise qu’elle n’a pas demandée. Ce que je ne comprends pas et c’est là où je ne suis pas d’accord avec le Professeur Albert TEVOEDJRE, c’est le lieu de la tenue de son colloque et ces éminents invités. Tenir des conférences dans les beaux hôtels avec les "en hauts des en hauts" et venir imposer aux "en bas des en bas" les résolutions qui malheureusement ne tiennent pas. Retournons à la source de la sagesse ! Allons à pas chancelants vers nos pères, nos mères des villages et des hameaux. Le dialogue inter-religieux, ce sont eux. La tolérance, c’est eux. Le pardon encore eux. Sinon comment comprendre qu’ils avaient accepté volontairement les missionnaires ici en Afrique noire, spécialement au Dahomey sans résistance. Vous laissez vos dignitaires et vous allez "pomper" des textes à leur imposer, n’est-ce pas là leur manquer de respect ? Qui sont ceux-là mêmes qui meurent ? N’est-ce pas les pauvres paysans et vous voulez élaborer le plan de dialogue sans eux. Ce n’est pas bien, ce n’est pas juste. Avant les colloques dans vos grands hotels, sillonnez les cases, les villages, consultez au moins les sages. Je sais qu’ils sont là, ils vous attendent. Ils ne sont pas compliqués. Si vous allez voir ce qu’on voit se proclamer chefs, rois, souverains : "les wabè mi, wa bè mi" seulement, vous en aurez pour votre compte. Les vrais à mon avis sont au fin fond des savanes, au bord des lacs etc.
Quel est le prêtre, le pasteur, l’Imam qui volontairement va rendre visite à un Bokônon dans son sanctuaire ? N’est-il pas lui le diable qu’on insulte à longueur de journée ? Assez ça suffit ! Nous vous observons.

Dah Toussaint AHOKPONOU

Chercheur en Anthropologie sociale

Poète - Ecrivain - Président de l’association des Spirituels
ISAMH "Idéal Spirituel des Artisans pour un Monde Heureux"

Directeur Fondateur de l’Ecole Saint Etienne de Yopougon Côte-d’Ivoire

Ex Arbitre International FIFA en Côte d’Ivoire

COMPTE RENDU DU CAFE RENCONTRE DU VENDREDI 29 MAI 2015
L’administrateur - le 10 juin 2015

Garrigues-Sainte-Eulalie, 06/06/15

Surprise de DIEU ! votre message était dans SPAM ! je l’ai ouvert par hasard ? Surprise de DIEU comme aime à le dire mon cousin Jean Marie Hiyacinthe QUENUM SJ, ex-recteur de l’Université Jésuite au Kenya, maintenant au Cameroun où il forme pour le noviciat.

Votre document en registré sera diffusé vers des amis sûrs ; dès ce soir, il sera aux USA où le lira un cousin américain (QUENUM par sa mère, une de mes tantes, et de père Ghanéen).

J’espère que vous avez lu ma réaction à propos de la prétendue initiative de Tévoédjre pour la paix ; sinon je vous l’envoie ; je vous ai envoyé le document afférent à la réédition de UN ENFANT D’AFRIQUE. Je vais me battre, voire, avec cynisme si au Bénin, on essaye encore d’étouffer ce livre.

Autre chose : eu égard à l’évolution de la situation au Bénin, des internautes qui visitent mon site me demandent "pourquoi votre rap du vieux JOB en promenade au Bénin n’est pas mis en musique ? "

Ma réponse : écrivain, je suis aussi mélomane ; je n’ai aucune compétence en musicologie."

Je viens de découvrir une des compétences de Monsieur Martin René Nassi et lui propose mon texte.

Très cordialement

Olympe BHÊLY-QUENUM

www.obhelyquenum.com

http://glexwevi.over-blog.com

JOB EN PROMENADE AU BENIN

Sur un rythme de rap

Par Olympe BHÊLY-QUENUM

Yégué ! yà yì à ?
Éŏ yà wá !
Yà, c’est la misère
Et la misère
N’est pas partie
Ouais
Le messie du Bénin
L’a installée
Moi Job je le dis :
La misère ne sourd
Pas de la terre
La peine ne germe pas du sol
Ouais c’est l’homme
Qui engendre la peine,
Et le messie geint !
Yà yì
C’est du mensonge !
Yà wá
C’est clair
La misère
C’est l’évidence
Comme le vol des aigles
Cherchant l’altitude.

*

Ouais c’est vrai
A ses serviteurs mêmes,
Dieu ne fait pas confiance,
Nul au Bénin ne croit plus
Au messie des adogocrates
Echec de la politique du ventre
Yayi n’est utile à rien
A Dieu comme au peuple
Ce messie-là est nuisible
Son Changement
C’est que de la frime
De la poudre aux yeux
Et à lui seul convient
Le miroir aux alouettes

*

Eh ! chef d’Etat du Bénin
T’as peur des divinités
Du terroir natal
Et tu mens au peuple
Tu n’aimes pas la justice
Tu piétines les droits de l’homme
Ta conduite
N’est pas intègre
Même ta piété
C’est du prétendu
Elle est fausse
Et ta méchanceté
Est illimitée
Du peuple tu exiges
Des gages injustifiés
Et yà que tu as créé
Le dépouille
De ses vêtements.

*

Ouais du beau pays Bénin
T’as fait un pays nu
Affamé, assoiffé
Aux mendiants mêmes
Tu refuses le gari
À tes hommes de main
T’as livré le pays
Pour y enraciner tes favoris
Tu dépouilles les veuves
Les orphelins
T’en fais des ventres creux
Toi seul bois
Sans désaltérer
Le peuple
Ton changement-mensonge
Le voilà les filets
Qui t’enveloppent
Et les frayeurs t’épouvantent
Dans l’obscurité
Tu n’y vois plus rien
La masse des peuples
Te submerge

*

Ce que veut le Bénin
C’est plus toi
Qui le lui donneras
Ce que veut le Bénin
C’est la démocratie Oyé !
La justice sociale Oyé !
Education Oyé !
L’instruction ouais !
La culture générale Ouais !
Une vie digne
De son peuple Ouais !
Tu n’en es pas capable Oyé !
Faut quitter le terrain Ouais !
Et vite ! Oyé !
Le peuple te convainc d’égarement.
Ta personne c’est désormais
Comme ces maisons d’argile
Posées elles-mêmes sur la poussière
On les écrase comme une mite :
Un jour suffit à les pulvériser.
A jamais ils disparaissent
Et nul ne les rappelle.

Garrigues-Sainte-Eulalie Juin 2008.
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