Suite du Forum sur le message de la CET : Réponse à Serge AKPAKA
Article mis en ligne le 2 novembre 2011
dernière modification le 8 septembre 2012

par L’administrateur
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"L’esprit du concile se retrouve également dans le récent livre de Mgr Rey, Peut-on être catholique et franc-maçon ?. Dans cet ouvrage à la fois ferme et mesuré, l’évêque de Fréjus et Toulon invite les chrétiens à changer leur regard sur les personnes, et à en finir avec la « diabolisation », les « injures » et les « anathèmes », pour s’engager dans la voie du dialogue et de la charité."

Cet extrait de la réponse de Serge à Jean Boaz résume bien notre combat à CPCM : nous en tenir à l’esprit du Concile Vatican II qui vise à nous réconcilier avec l’Évangile de Jésus-Christ et à nous sauver, nous les chrétiens, de nos errements qui persistent hélas !.

Serge,

Nous avons décidé de discuter de ta réaction au cours de notre premier café-rencontre de l’année scolaire et universitaire 2011-2012, parce qu’elle est intéressante à plus d’un titre.

D’abord elle montre que le débat soulevé est d’intérêt et, ensuite, elle aborde des questions cruciales pour la vie du chrétien que nous nous réclamons d’être. Nous tenons donc, avant tout, à te remercier.

Mais cette réaction nous interpelle sur certains points.

Le fait que nous soyons chrétiens ne nous empêche pas de reconnaître que le catholicisme comme toutes les religions a une fonction sociale. Malheureusement nous constatons que le catholicisme se dissout dans le religieux et risque, dans ces conditions, de ne pouvoir rien proposer de particulier aux autres. Or nous pensons que le christianisme a un grand rôle à jouer dans notre humanité s’il se préoccupait davantage de la Bonne Nouvelle. Il aurait quelque chose à proposer à tous les hommes, quelle que soit leur religion. En effet, pour nous, et nous l’avons déjà souligné dans le numéro 00 de notre Bulletin de liaison : tout homme quelle que soit sa religion, peut être chrétien, bien sûr si nous voulons entendre par chrétien, le disciple du Christ, celui qui prend le Christ comme modèle de vie. Mais cette vision de la Bonne Nouvelle ne correspond évidement pas à celle qui nous est proposée et que tu nous rappelles au début de ton texte, une vision d’exclusion.

PDF - 1.6 Mo
Le tout premier numéro du bulletin de liaison de CPCM (1er mars 1997)

Jésus-Christ a apporté sa Bonne Nouvelle à toute l’humanité sans aucune exclusion. Cependant pour justifier l’exclusion, Serge, tu évoques le groupe restreint des disciples ; mais n’oublie pas le passage de l’Évangile qui dit : « Allez dans le monde, faites de tous les peuples des disciples » et cet autre de Saint Paul : « Restez là où l’appel vous a trouvés ». Comment voulons-nous apporter la Bonne Nouvelle aux musulmans, aux Bouddhistes et autres très ancrés dans leurs religions ? A moins que nous ne pensions, comme les évêques du Togo, que "ce ne sont pas là de véritables religions, rien que des religions de pacotille".

Serge, tu nous apprends que l’Archevêque de Cotonou Mgr AGBOTON est franc-maçon et n’a été démissionné que lorsque cela s’est révélé au grand jour. Et pourtant, tu sais très bien que Mgr AGBOTON faisait aussi des mises en garde aux « brebis galeuses » de l’Église et qu’il pouvait signer le message de la CET. On peut légitimement se demander combien ils sont à se jouer de nous, à travers ce jeu d’hypocrisie, puisque tu ne nous dis pas la vraie raison de la "démission" de l’autre Archevêque.

Tu te demandes si l’on peut être chrétien catholique et en même temps franc-maçon, catholique et rose croix ? Pourquoi pas, puisque l’archevêque lui-même était franc-maçon (et bien d’autres certainement).

Alors, trêve de banalité. La Bonne Nouvelle doit passer avant la religion, comme l’indique si bien le titre d’un livre du dominicain sud-africain, Albert Nolan : « Jésus avant le christianisme ». Le salut de l’Évangile se trouve dans cette vision et non pas dans l’enfermement dans la religiosité, dans l’exclusion. Il faut que notre Mère l’Église laisse ceux qui peuvent réfléchir et veulent le faire libres de le faire et même nous apprenne à réfléchir par nous-mêmes. C’est cela qui nous amène à la vérité. Et la quête de la vérité doit nous amener à jeter un regard évangélique les uns sur les autres. Pas un regard d’exclusion. Il est capital de toujours bien chercher à voir ce qu’il y a de bien chez les autres et de ne pas penser illusoirement que nous sommes les meilleurs, que nous avons la vraie religion. Toutes les religions se valent et chaque peuple s’en donne les moyens selon ses besoins.

Nous terminerons par un adage fon qui dit que lorsque quelqu’un claironne à tout vent « Je ne suis pas ton égal, je ne suis pas ton égal », il finit par se retrouver seul parce que finalement personne ne se sent digne de lui. Nous ne souhaitons pas que notre Église se retrouve dans cette situation de solitude.

(Réponse préparée par Lambert Adanhounmè et adoptée au café rencontre du 29 octobre 2011.)

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