SUITE DU FORUM SUR LE MESSAGE DES EVEQUES DU TOGO : Lambert ADANHOUNME répond à son ami François C. HODONOU
Article mis en ligne le 17 août 2011

par L’administrateur
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J’ai lu avec intérêt les commentaires de mon ami François Constant HODONOU et le texte M. Jean-Claude BARBIER.

Je voudrais d’abord dire à Monsieur BARBIER que pour ma part je ne vois pas un hors sujet dans les commentaires de Monsieur HODONOU. Ses propos sont simplement centrés sur un aspect du texte d’Albert : la défense de l’Eglise « attaquée ». Mais je voudrais répondre à mon ami HODONOU sur deux points :

1- La supériorité d’une religion sur d’autres.

2- Les dogmes

D’abord, M. HODONOU affirme : « Je connais AG depuis environ quinze ans, j’ai lu avec intérêt et une certaine fidélité une bonne partie de ses textes (ouvrages, articles, prises de position de toutes sortes), ce qu’il ne soupçonne pas lui-même. Mais je ne me rappelle pas avoir lu un seul texte dans lequel cet homme passionné, passionnant et redoutable dans ses convictions, n’ait pas médit, d’une façon ou d’une autre, de l’Eglise ; un seul dans lequel il ait souligné un seul aspect positif de l’Eglise, la moindre qualité des représentants de cette institution qu’il dépense tellement d’énergie à pourfendre ».

Je me demande si vraiment M. HODONOU a pris le temps de « lire » les textes d’Albert et surtout le commentaire qu’il attaque avec autant d’énergie et de véhémence et qui m’amène à croire que c’est plutôt lui qui s’en prend à tous ceux qui veulent voir l’Eglise autrement que lui. En effet, moi j’ai pu lire ce passage du commentaire d’Albert :

« L’Eglise chrétienne, catholique ou non, a été le véhicule qui a apporté jusqu’à nous la bonne nouvelle de la vie et de l’enseignement de Jésus ».

Je me demande donc pourquoi mon ami Constant n’a pas voulu voir ce passage.

En revenant à mon premier point de départ, j’ai été surpris que mon ami n’ait rien trouvé à dire au sujet des propos d’Albert dans le passage suivant :
« En effet, voici plusieurs années, des groupes ésotériques et autres fraternités ont envahi notre monde, distillant des doctrines pour le moins pernicieuses, face auxquelles le chrétien doit s’interroger et se situer, en cohérence avec sa foi. Parmi ces associations, certaines sont venus de l’Orient l’Hindouisme, le Bouddhisme, l’Eckankar et autres « religions » du même bord alors que d’autres sont venues de l’Occident : la Franc-maçonnerie et la Rose Croix, entre autres. Bien des sectes dont on peut se demander ce qu’elles gardent de Chrétien, comme les Témoins de Jéhovah et d’autres, sont un équivalent des formes de l’ancien gnosticisme : celui qui correspond à certaines tendances de l’esprit humain déchu vers un ésotérisme plus ou moins puéril et prétentieux (occultisme, Théosophie et toutes sortes d’orientalisme de pacotille), la prétention à une connaissance supérieure réservée à quelques initiés. (Propos de la CET)

[Avec quelle légèreté, nous parle-t-on là de religions multimillénaires, de l’Hindouisme, du Bouddhisme ! Cela ferait frémir quiconque s’est intéressé à la vie du Bouddha et quiconque s’est donné la peine de lire la Bhagavad Gita. Je lis en ce moment même Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel, une biographie rédigée par Jean Chalon. Chez cette grande dame, je n’ai vu que quête rigoureuse et exigeante de spiritualité, authentique élévation mystique dans le plus total renoncement, une sorte d’ « ascétisme épicurien » que résumerait bien cette parole de la Bhagavad Gita : « Tout près du renoncement est la béatitude ». Le renoncement ici, c’est « le rejet de ce dont on a soi-même reconnu l’insignifiance, ou pis, la nocivité [6] ». Or, en tant que bouddhiste, elle suivait un Maître qui enseignait l’impermanence et donnait comme leçon : « Soyez à vous-même votre refuge et votre flambeau ». Elle était, par ailleurs, parvenue au 33e degré de la franc-maçonnerie écossaise et fréquentait la Société théosophique. Mais en aucun cas, sous-prétexte que son chemin n’est pas le mien, je ne peux m’autoriser à parler, à propos de son expérience, « d’orientalisme de pacotille ». Non, Alexandra David-Néel (1868-1969) était une grande sainte, une grande mystique. Cependant, à dire le vrai, le message des évêques a évité de s’appesantir sur les religions d’Orient, pour ne traiter vraiment que de la Franc-maçonnerie. Sans doute un vieux compte à régler avec cette société secrète qui a mené en Occident un vigoureux combat pour la liberté et la libre pensée ! Il est temps d’en finir avec les querelles de clochers : protestants contre catholiques, catholiques contre protestants et ordres ésotériques, jaïns contre hindous, hindous contre musulmans et sikhs, chrétiens contre adeptes de la religion traditionnelle africaine, sociétés secrètes entre elles, etc. Il est temps d’en finir avec les guerres ouvertes ou larvées de religions pour penser sérieusement la fraternité humaine, le vivre ensemble dans ce village planétaire, cultiver l’ouverture et non plus l’exclusion les uns envers les autres.] (Propos d’Albert).

Ma surprise est d’autant plus grande que Monsieur HODONOU affirme :

« Personnellement, j’aurais évité d’utiliser des qualificatifs de cette nature : ‘ésotérisme puéril’ ; ‘orientalisme de pacotille’ qui pourraient donner l’impression que l’on insulte les partisans de ces philosophies.) ».

Quand même, c’est une Conférence Episcopale qui parle ! Et par eux c’est l’Eglise qui nous parle ! Comment M. HODONOU peut-il trouver cela gênant, puisque l’Hindouisme, le Bouddhisme et autres qui existaient des siècles avant notre Eglise ne sont que des ‘‘philosophies’’ ?

Par ailleurs, M. HODONOU déclare :

« Elle [l’Eglise] est investie de mission. Celle d’enseigner la Vérité et de porter la Lumière au monde. A ceux qui se demandent quel est le sens de la vie, elle montre le Chemin ».

Je pense, pour ma part que les Musulmans et autres aussi peuvent dire la même chose de leur religion sans avoir tort, car aucune logique ou raison ne sous-tend tout cela. Il s’agit simplement de croire !

Pour terminer ce premier point, je demanderai à mon ami HODONOU de me dire ce qu’est une religion et s’il n’y a qu’une seule religion [la religion Catholique Romaine]. J’ajouterai simplement que je suis catholique et entends le rester car je ne sais pas si la Vérité est ailleurs. Mais je ne sais pas non plus si les autres, Catholiques Orthodoxes, Anglicans, Méthodistes, Luthériens…, sont dans le faux. Cette conclusion m’amène au deuxième point : les dogmes.

A ce sujet, je voudrais me référer à un propos de mon ami HODONOU :

« A un ami témoin de Jéhovah qui tentait, il y a quelques années, de me convertir à sa foi, j’aimais à répéter que l’Evangile était une question d’interprétation. Qui me dit que son interprétation est meilleure que celle que me propose ma propre Eglise ? Qui me dit que la lecture (communisante quelque peu, et sans doute plus) que AG propose de l’Evangile est meilleure que celle, bimillénaire de l’Eglise ? »

Cette position de M. HODONOU vis-à-vis de son ami témoin de Jéhovah, me semble contradictoire avec la thèse de son texte. En effet, si l’Evangile estt une question d’interprétation, en quoi les Protestants, les Orthodoxes, les Anglicans et autres Evangéliques auraient-ils tort en remettant en cause certains dogmes de l’Eglise Catholique Romaine ? Et, en tant que catholique, je me demande si les dogmes nous laissent vraiment libres d’interpréter l’Evangile.

Lambert ADANHOUNME

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